Ses livres, publiés dans plusieurs pays (États-Unis, Angleterre, Espagne, Argentine, Moldavie, Roumanie), relatent des expériences vécues hors du corps physique. Les déductions auxquelles il parvient fondent à ses yeux un nouveau paradigme, peut-être utopique, susceptible de créer une société plus équitable qui ne craindrait plus l’avènement de la mort et agirait de façon philanthropique. Sur le plan philosophique et social, son œuvre évoque fortement l’utilitarisme de John Stuart Mill, sur le plan métaphysique, Hegel, dans sa conception de l’Absolu notamment, et sur le plan de l’évolution spirituelle ou psychagogique, Teilhard de Chardin.
Certaines de ses thématiques sont communes (sans être toutefois spécifiques) à la Théosophie (la notion de karma, de corps astral, de plans supérieurs successifs et d’évolution spirituelle) et à des auteurs représentatifs tels qu’Arthur Edward Powell (1882-1969). Cependant, il n’en est pas un fidèle représentant. Preuve en est que les ouvrages du compilateur Powell ne citent pas Yram dans leur riche bibliographie, ni les livres des théosophes, de surcroît… Marcel Forhan ne fait en effet aucune apologétique et n’adhère d’emblée à aucune doctrine, car il entend placer les expériences au fondement même des convictions (qui doivent rester non dogmatiques), selon une démarche assez proche de la phénoménologie husserlienne qui met entre parenthèses8 toutes les connaissances acquises. Ses critiques envers les dogmes, les préjugés, les croyances, les superstitions, les idéologies, étant présentes dans chacun de ses livres. Profondément anti-sectaire, défendant la libre pensée et le déconditionnement mental, il entendait donner à chacun des clés expérimentales pour corroborer ses propres expériences. Tout comme l’américain Robert Monroe ou le brésilien Waldo Vieira, il espérait qu’un centre d’études scientifiques puisse aborder ces phénomènes.
Du fait de l’originalité de sa démarche, sans être toutefois un précurseur ou un novateur, cet auteur relève à la fois de la spiritualité (par sa métaphysique qui défend des valeurs éthiques et morales), de l’ésotérisme (par l’expérimentation dans des dimensions astrales et supérieures, ainsi que la télépathie notamment) et de la phénoménologie (par une analyse et une synthèse logiques, menées rationnellement, sans a priori, partant de l’expérience pure). Sa formation scientifique étant certainement responsable de cette méthodologie qui laisse place au doute sceptique avant de donner du crédit à un postulat corroboré par des expériences.