Son nom hermétique, Fulcanelli, qui semble une combinaison de « Vulcain » et d’« Élie » – ce qui donne Fulcan-Elli –, ne permet pas de l’identifier. Le secret est resté bien gardé.
On pourrait aussi comprendre que ce pseudonyme nous renvoie à Jules Violle dont les travaux portèrent précisément sur le rayonnement solaire et sur les hautes températures, notamment de l’or et du platine… Eugène Canseliet a bien maladroitement tenté à de nombreuses reprises de révéler le véritable nom de l’Adepte en évoquant de nombreuses fois avec insistance (16 fois) un secret in-Violable.
Dans Le Matin des magiciens, cependant, Jacques Bergier prétend l’avoir connu — il aurait été ingénieur à la Compagnie du gaz. On l’identifie souvent à Jean Julien Champagne, mort en 1939 et illustrateur de l’édition originale ; parfois à Rosny aîné ou encore au libraire Dujols. D’autres identifications plus fantaisistes, et redonnant corps au mythe de Nicolas Flamel, regardent Fulcanelli comme un adepte immortel et plusieurs fois centenaire.
Son principal disciple actuel, Eugène Canseliet, alchimiste connu du grand public et auteur de plusieurs ouvrages, affirme avoir fréquenté longtemps Fulcanelli, qui aurait trouvé la pierre philosophale et l’immortalité, mais il se refuse à toute information précise. Tous deux se réclament d’une mystérieuse société secrète, la Fraternité d’Héliopolis, dont les origines remonteraient à l’Égypte du début de l’ère chrétienne. Autre grand hermétiste français, Claude d’Ygé fut disciple de Canseliet et, partant, de Fulcanelli.
Les affirmations de ce mystérieux personnage sont intéressantes. Il a voulu montrer d’abord que les chefs-d’œuvre de l’art gothique doivent être interprétés essentiellement comme l’expression d’une pensée alchimique, et que des adeptes supervisèrent directement ces travaux. S’il semble difficile d’admettre toutes les propositions de l’auteur, celui-ci a eu au moins le mérite d’attirer l’attention de nos contemporains sur un aspect trop négligé de l’art médiéval.